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Mardi 17 avril à Luc-La-Primaube, rencontre avec Jean Lassalle PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Christian Grau   
Mercredi, 18 Avril 2012 21:13

 Billet modifié le 20/04 (ajout lien vers article Jean Lassalle à Laguiole)

Jean Lassalle le 17 avril 2012 à Luc-La-Primaube  Qui est exactement Jean Lassalle. Un homme politique, un conteur, un poète ? Sans doute un peu de tout cela, mais d’abord un homme de conviction, un porteur d’espoir, un éveilleur de conscience.

Là où d’autres se proclament « bruit et fureur » lui serait plutôt « force et enthousiasme ».

Le député des Pyrénées Atlantiques, président de l’ Association des populations des montagnes du monde » est devenu célèbre par ses audaces. C’est lui qui avait osé chanter « se canto » dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale (« rien dans le règlement de l’Assemblée nationale n’interdit de chanter rappelle-t-il ») en opposition au Ministre de l‘Intérieur – un certain Nicolas Sarkozy - qui lui avait fermé sans négociation sa gendarmerie. Lui qui avait mené dans la Salle des Colonnes de l’Assemblée Nationale une médiatique grève de la faim de 40 jours pour garder son usine dans sa vallée d’Aspe. Ce politique hors système mais les pieds sur terre, avait rendez-vous avec les aveyronnais dans l’espace d’animation de Luc-La-Primaube, convié par son maire, Jean-Philippe Sadoul et par le comité de soutien de François Bayrou pour parler de l’avenir de nos territoires et de la ruralité dans le cadre de cette élection présidentielle.

Un peu d’histoire personnelle, d’abord, pour celui qui était berger quand, à 22 ans, son père lui dit : « ton frère restera à la ferme pour s’occuper des bêtes, toi, vas t’occuper des hommes ».

Il parle de son ami candidat, François Bayrou, qu’il admire pour son courage, sa ténacité, « capable de traverser trois Saharas  pour rester fidèle à ses convictions », «  l’homme qu’il faut à la France » ; il décrit son projet, un monde « où chacun a sa part, chacun a son rôle à jouer ». Il évoque l’Europe, la laissée-pour-compte de la campagne, « l’un des plus beaux projets de l’homme » qui avait commencé par une communauté du charbon et de l’acier, « qui avaient servi à la fabrication des armes avec lesquelles on avait connu tant de malheur pour en faire les instruments de la paix et de la reconstruction ! », cette Europe devenue si lointaine et si opaque qu’il faut la réinventer. Il parle de ces trente dernières années - pendant lesquelles la durée de vie a autant gagné - de ce monde qui a avancé si vite, « un monde nouveau que l’on a pas trouvé le temps d’expliquer à la jeunesse », la grande oubliée de cette société.

Il dénonce « ce croisement entre le capitalisme le plus féroce et la technocratie soviétique » qui s’est propagé partout enlevant le pouvoir aux politiques. Quel regret que ceux qui sont candidats à mener le pays n’aient pas compris tout cela, n’aient pas tout remis à zéro pour tout reconstruire. Et la crise, soit disant terminée nous attend au coin du bois.

Dans ce ré-enchantement du pays qu’il appelle de ses voeux, en humaniste révolté il évoque l’importance de la ruralité avec ces «  petites exploitations, ces petites entreprises artisanales, où l’on produit autant de biens que l’on fabrique d’amour ! ». Les mots s’enchaînent qui ponctuent les analyses : « cœur, âme, amour » qu’il prononce en se frappant vigoureusement la poitrine. L’accent est rocailleux comme les pierres des gaves pyrénéens, les intonations fortes comme les chants des bergers.

Alors, il en est sûr, ce projet d’espérance et de sagesse, celui de son candidat, sera reconnu. Si par malheur, cela n’arrivait pas, alors, en septembre, après la crise  politique, viendra la crise sociale puis poindra la vraie crise, passée sous silence, la crise humaine.

Son projet « d’imposer au cerveau et au cœur de faire le Beau » a été salué par la nombreuse assistance qui avait pris place dans la salle de Luc.

Jean Lassalle répond aussi aux questions qui fusent, sur les paradis fiscaux, contre lesquels il faudra « engager une guerre au niveau européen », la ruralité, les services publics, les langues régionales que lui-même et François Bayrou veulent faire vivre, qui sont le signe de quelque chose de profond, la richesse de nos territoires si divers…. Jean Lassalle affirme la nécessité de garder les écoles des villages, élément essentiel du vivre-ensemble, il s’oppose au démantèlement progressif des services publics auquel on assiste et qu’il faut maintenir, soulignant que le projet de François Bayrou s’appuie sur la conviction qu’on peut faire mieux sans dépenser plus. Il propose que les énergies renouvelables puissent être produites en petites unités locales et fustige en donnant son propre exemple les blocages créés par une logique administrative absurde. L’état doit être « un facilitateur et non un complexificateur »

La soirée se conclut avec une vibrante Marseillaise et deux chants occitans,  « les montagnards sont là », et l’hymne  « se canto », repris en chœur par un public conquis.

Voir aussi le billet Jean Lassalle à Laguiole